L'histoire du chauffage a travers le temps

Plongeons ensemble dans l’histoire du chauffage qui permet au passage de comprendre son incroyable évolution. De la maîtrise du feu aux panneaux photovoltaïques, en passant par la vapeur, le gaz, le pétrole, ou l’électricité : mettons le bleu de chauffe et partons en voyage à travers les temps !

 

Prehistoire : la guerre du feu!

Évidemment, pour l’humanité, le chauffage démarre avec la domestication du feu. Les plus anciens témoignages remontent à 450 000 ans avant notre ère, sous le règne de l’Homo erectus. Plusieurs sites en France démontrent cette domestication comme à Plouhinec en Bretagne, ou à Terra Amata, à proximité de Nice. D’autres sites apportent ces preuves : Chine, Allemagne et Hongrie. Un collectif de chercheurs israéliens évoque même des traces datant de -790 000 ans découvertes sur les rives du Jourdain.

Outre la protection contre les animaux sauvages et la cuisson des aliments, la maîtrise du feu sert surtout à se…chauffer ! Dans ces temps préhistoriques, il n’y avait que deux techniques pour faire du feu. La percussion d’un silex contre du minerai de fer éjecte des étincelles sur un initiateur qui peut être un végétal ou un champignon. La seconde technique consiste à frictionner deux morceaux de bois dont la sciure échauffée qui embrase des brindilles sèches.

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Ce n’est pas tout de créer du feu, encore faut-il pouvoir l’entretenir ! C’est la fonction des combustibles qui à cette époque sont essentiellement le bois, les mousses et les autres végétaux secs. En Chine, la houille a depuis très longtemps joué ce rôle.

 

Antiquite et Moyen-age : de l’hypocauste à la cheminee

Les Romains améliorent une invention grecque datant du IVème siècle av. J.-C. : l’hypocauste. Ce système est tout simplement l’ancêtre du chauffage central. Il comporte un foyer produisant de la chaleur, généralement maintenu à l’extérieur des demeures et des thermes, comme à Olympie ou Syracuse. L’air chaud circule sous le sol, ce dernier étant surélevé de 40 à 50 centimètres par des pilettes en briques.

Autre élément pour se chauffer à l’Antiquité : le brasero. Il s’agit d’un récipient en métal posé sur trépieds à l’extérieur, contenant des braises ardentes. Cet outil causa de nombreux incendies domestiques. Avec leur fumée gênante, ils furent peu à peu abandonnés à l’ère gallo-romaine. La cheminée devient désormais incontournable, se substituant à l’hypocauste, grâce à l’installation de conduits en tuiles, positionnés dans les murs. Elle est ensuite intégrée à l’architecture des maisons, notamment des populations les plus riches. L’âtre devient un lieu social de convivialité, car c’est l’endroit où tout le monde vient se réchauffer.

Notez tout de même que les premiers modèles de cheminée ne transmettent qu’une chaleur rayonnante. Elle peine à chauffer de façon performante, engendre des appels d’air froid à l’intérieur de la pièce, et n’évacue que très mal la fumée. Au cours du Moyen-âge, pour l’anecdote, le dénombrement des « foyers » familiaux permet de réaliser les premiers recensements de population, un foyer de cheminée équivalent à dix personnes ! Cette époque voit enfin l’apparition du poêle de masse alsacien en faïence : le Kachelofe. La chaleur est fournie par le feu véhiculé par les briques réfractaires qui accumulent la chaleur pour la restituer dans la pièce. Les poêles en céramique apparaissent plutôt performantes et peu gourmandes en bois, impulsant les premiers chauffages à inertie.

 

Renaissance et revolution industrielle : charbon, fuel et radiateur

En Allemagne, tous les principes de chauffage sont compilés dans un ouvrage complet sur les poêles, publié par Franz Kessler, en 1619. Cinq ans plus tard, en France, un ouvrage signé par Louis Savot décrit le système de l’isolement du foyer contre le mur, ainsi que l’usage des chambres à chaleur. Dans la conception des cheminées, le gigantisme domine dans les châteaux. Les plus pauvres se contentent de récupérer la chaleur naturelle des animaux. Dans une société très rurale, les logements sont donc bâtis au dessus de l’enclos à bestiaux. Des dérivés voient le jour à l’image des bouillottes, chaufferettes ou encore, des bassinoires.

Au XVIIIème siècle, les premières machines à vapeur sont conçues grâce au système de chauffage. La Révolution industrielle utilise alors trois principaux combustibles pour faire fonctionner cette énergie : le bois, la tourbe et la houille. Leur carbonisation permet d’obtenir trois nouveaux types de combustible : le charbon de bois, le charbon de tourbe et la coke (charbon de houille). En 1857, la première raffinerie est créée en Roumanie, donnant naissance à l’industrie pétrolière. Cette raffinerie permettait d’alimenter le réseau d’éclairage de Bucarest comprenant mille lampes. Deux ans plus tard, à Wetz, en Allemagne, le premier puits de pétrole entre en fonctionnement. Le fioul est progressivement utilisé dans le chauffage.

En 1855, l’entrepreneur Franz San Galli Karlovich invente le radiateur en fonte pour chauffer l’eau. Il avait appris en Angleterre, deux ans auparavant, les techniques d’usinage de la fonte. Dans la seconde partie du XIXème siècle, les combustibles servant le plus au chauffage sont la houille, les briquettes de houille agglomérées, la coke, la tannée en motte, le bois sec ou ordinaire, le charbon de bois, le gaz de houille, et l’huile de pétrole.

 

Le XXeme siecle : du systeme central a l'electricite

Les immeubles d’habitation s’équipent petit à petit de chaudières vapeur grâce à une technique de plus en plus maîtrisée. Les chauffages à vapeur sont rapidement remplacés par des systèmes de chauffage central à eau chaude. La première installation en France remonte pourtant à 1877, au château de Pecq, près de Paris. Des tuyaux installés dans les murs sont connectés à un poêle central qui diffuse de l’air chaud. La généralisation de ce système n’a lieu qu’à partir des années 1930.

Après la Seconde Guerre mondiale, en France, les bâtiments sont loin d’être tous chauffés. Chaque pièce avait son chauffage dédié : cheminées à bois sans insert, ou poêles à charbon. A partir des années 1950, le système de chauffage central se démocratise, autour d’une production de chaleur émise par des chaudières au fioul, puis ensuite au gaz. Le niveau de confort progresse, car les radiateurs (émetteurs à eau chaude) commencent à pouvoir réguler la température. Le chauffage électrique, autour des convecteurs électriques énergivores, se développe dans les années 1960. Les industriels perfectionnent leurs produits avec l’arrivée du chauffage électrique à inertie, le cœur de chauffe en fonte ou en céramique accumulant la chaleur, avant de la diffuser par rayonnement, de manière constante dans le temps.

Le premier choc pétrolier de 1973 augmente le prix du fioul, au profit de l’électricité qui se développe en parallèle grâce au nouveau parc nucléaire. De plus, le chauffage électrique commercialisé en 1971 s’avère plus moderne que le charbon, combustible alors encore beaucoup utilisé. On assiste à un retournement de tendance dans les années 1980, le prix du fioul et du gaz baissant, alors que les déperditions énergétiques des logements devenant problématiques pour les locataires qui paient cher leur chauffage au convecteur électrique.

Avec la montée en puissance d’une prise de conscience environnementale dans les années 1990, le chauffage se tourne vers des modes plus doux. C’est le cas des énergies gratuites et renouvelables répondant aux préceptes du développement durable : énergie solaire avec les panneaux photovoltaïques, énergie géothermique basée sur les sources de chaleur issues de la croûte terrestre, granulés à bois provenant du compactage des résidus de scierie, méthanisation, etc.

 

En survolant l’histoire du chauffage, peut-on déjà connaître ou même imaginer les systèmes qui seront promus dans un siècle ? Rien n’est mois sûr…

 

 


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